Au début du XXe siècle, la nacre, éventuellement
teinte, était essentiellement employée pour la fabrication de boutons. Un atelier de 25 ouvriers qualifiés produisait alors 20 000 boutons par jour.
Tabletterie et incrustations sont toujours à la mode aujourd'hui. De nombreux coffrets sont ainsi fabriqués artisanalement (Espagne, Maroc, Inde, Philippines,...) à
l'intention des touristes. Dans les îles, des coquilles décoratives, notamment les porcelaines, sont montées en colliers.
Les charnières des coquilles des mulettes d'eau
douce possèdent des protubérances nommées dents qui étaient détachées pour leur utilisation en bijouterie, notamment pour l'ornementation des épingles à chapeau. La dent d'unio est la plus
connue. Taillée en boules ou en petits corps géométriques divers (cylindriques, etc..) destinés à être montés en collier, la nacre peut évoquer la perle ou l'ivoire. Taillée en cabochon pour développer l'effet œil de chat, la nacre peut évoquer
des pierres chatoyantes. La dénomination œil chinois ne doit pas cependant lui être alors appliquée, car ce terme désigne l'opercule calcaire polychrome à structure spiralée, sécrétée par le pied
de l'escargot de mer (Turbo petholatus) pour clore sa coquille lorsqu'il est rétracté (cette plaque circulaire de 12 à 25mm de diamètre, légèrement bombée, à un faciès d'agate
nicolo).
Le camée-coquille est sculpté dans la partie externe blanche de la coquille, la partie rose ou rouge formant le fond du sujet représenté. La
gravure est convexe. La partie inférieure lisse concave permet d'observer la texture caractéristique de ces nacres pratiquement sans orient (flamme rose clair sur fond plus foncé).
Le camée-coquille doit être bien différencié des véritables camées, sculptés sur agates à deux ou trois couches.
Lundi 12 mai 2008
par Arnaud
publié dans :
Perles de culture
La nacre est constituée de couches superposées de cristaux d'aragonite disposés parallèlement les uns aux autres (épitaxie), renforcées par un
réseau de conchyoline (matière organique de type kératine). Ces couches forment à la surface de la nacre non travaillée des petites falaises sinueuses d'allure très caractéristique qui,
observées à la loupe, évoquent les lignes de niveau d'une carte géographique. Sculptée et polie, la nacre laisse percevoir ces zones d'accroissement qui évoquent alors les fibres du bois.
Lorsque la nacre comporte des lits de différentes couleurs, la texture parallèle de chaque lit est tournée de 90° par rapport à celle du lit adjacent. Les grains
sont alors croisés.
Chimiquement, la nacre est constituée en moyenne de 85% de carbonate de calcium, 12% de matières organiques et 3% d'eau. Elle est peu
résistante à la rayure (macrodureté 3,5) et aux chocs malgré une cohésion améliorée par son réseau de conchyoline. Elle craint les acides et la dessiccation qui la fait se craqueler
irrémédiablement. Sa densité varie de 2,75 à 2,80.
Macroscopiquement, la nacre présente de douces iridescences, dites orient, perpendiculairement aux couches élémentaires. Parallèlement à ces couches, elle montre un
aspect chatoyant développé par la taille en cabochon ou en boule. Sa couleur varie selon le mollusque sécréteur. Elle peut être teinte.
Lundi 28 avril 2008
par Arnaud
publié dans :
Perles de culture
Sécrétion calcaire du manteau des mollusques, constituant l'intérieur de leur coquille.
Histoire de la nacre
Du persan nakar, de l'arabe naqqâra, ce mot a donné d'abord naccaro, puis nacchera en italien.
Les parures en coquillages sont connues dès l'époque préhistorique. Les populations polynésiennes utilisaient certains coquillages en guise de
monnaie. La nacre est employée depuis l'Antiquité en incrustations, en compagnie de l'écaille, de l'ivoire. Les cabinets de la Renaissance, en
particulier, en étaient souvent décorés.
Depuis la Renaissance italiennes, les coquilles épaisses, à couches de nacre de deux couleurs, servent à sculpter des camées-coquille. Cette mode
fut importée en France lors des guerres d'Italie d'où François Ier fit venir de célèbres graveurs (tel Matteo dal Nassaro, nommé directeur des Monnaies).
Parmi les camées-coquille de cette époque, le bracelet de Diane de Poitiers et les boutons d'Henri IV représentant les douze césars, ont une
certaine notoriété.
Le camée-coquille fut en vogue au XVIIIe siècle, à la Belle Epoque, et l'on continue d'en fabriquer aujourd'hui en série, notamment à Torre del Greco
(Italie).
Des coquilles entières (nautiles), dont seule la nacre est conservée, furent montées en aiguières au XVIIIe siècle.
Au XIIIe siècle, les Chinois faisaient nacrer par des mollusques d'eau douce des objets, tels des bouddhas destinées aux pèlerins.
Jeudi 24 avril 2008
par Arnaud
publié dans :
Perles fines